Le cafard de maison (aussi appelé blatte ou Blattella germanica selon l'espèce) est une petite créature robuste et opportuniste qui peut rapidement transformer un espace de vie en un véritable cauchemar. Non seulement sa présence est peu ragoûtante, mais elle peut également propager des bactéries et des allergènes. Si vous vous demandez comment vous débarrasser de ces invités indésirables qui semblent avoir élu domicile chez vous, sachez qu'il existe plusieurs stratégies efficaces. De la prévention aux solutions plus directes, explorons ensemble les différentes approches pour retrouver une maison saine et sereine, enfin débarrassée de ces nuisibles tenaces.
Ce guide complet, rédigé par Delphine Seabra, référente hygiène et désinfection chez Delcourt, s'appuie sur 32 ans d'expertise depuis 1994 dans la distribution professionnelle B2B en France et en Belgique. Il couvre à la fois les solutions accessibles aux particuliers et les protocoles pro déployés dans les restaurants, hôtels, EHPAD, écoles, immeubles collectifs et industries agroalimentaires : reconnaissance, prévention, solutions naturelles, insecticides Digrain, certification Certibiocide, et protocole de bionettoyage après désinsectisation.
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Sommaire :
- 1. Comment reconnaître un cafard ?
- 2. Pourquoi j'ai des cafards chez moi ?
- 3. Est-ce que les cafards volent ?
- 4. Est-ce que les cafards piquent ?
- 5. Comment ne pas ramener de cafards chez soi ?
- 6. Pourquoi ne pas écraser le cafard ?
- 7. Les solutions naturelles pour tuer un cafard
- 8. Les solutions chimiques pour tuer un cafard
- 9. Est-ce que la javel attire les cafards ?
- 10. Cadre réglementaire : Certibiocide, BPR et obligations pros
- 11. Cas pros : restauration, agroalimentaire, EHPAD, immeubles, écoles
- 12. Que faire après la désinsectisation du cafard ?
- 13. FAQ et guides associés
Ce qu'il faut retenir :
- Les cafards (ou blattes) se cachent dans les zones chaudes, humides et sombres. Les espèces les plus courantes en France sont la blatte germanique (Blattella germanica), la blatte orientale (Blatta orientalis) et la blatte américaine (Periplaneta americana).
- Ne jamais les écraser : cela libère bactéries, allergènes et phéromones, et peut disperser les œufs (oothèque) aggravant l'infestation.
- Solutions naturelles efficaces en infestation légère : terre de diatomée, bicarbonate + sucre, acide borique, huiles essentielles (menthe poivrée, laurier).
- Pour les cas sévères ou les pros : utiliser aérosols, gels appâts insecticides ou faire intervenir une société 3D certifiée Certibiocide (obligation depuis 2019 pour usage professionnel des biocides TP18).
- La prévention (hygiène, bouchage des fissures, ventilation, gestion des déchets) est essentielle — un seul cafard repéré peut signaler une infestation cachée de plusieurs dizaines.
- Cadre légal : Règlement UE 528/2012 BPR (Biocidal Products Regulation, TP18 insecticides), Certibiocide obligatoire depuis le décret n°2019-321 du 12 avril 2019 pour les utilisateurs professionnels, Règlement Sanitaire Départemental Type (RSDT) imposant aux propriétaires d'immeubles de lutter contre les nuisibles, Règlement CE 852/2004 HACCP en agroalimentaire (plan de lutte contre les nuisibles obligatoire).
- Si l'infestation persiste après traitement, faire appel à un professionnel 3D (dératisation, désinsectisation, désinfection) certifié Certibiocide — particulièrement obligatoire en restauration, EHPAD, écoles et immeubles collectifs.
1. Comment reconnaître un cafard ?
Pour reconnaître un cafard, il faut observer attentivement certains de ses traits caractéristiques :
- Son allure générale : un insecte au corps aplati, de forme plutôt ovale. C'est souvent la première chose qui frappe.
- Ses antennes bien visibles : ils ont de longues antennes, fines et composées de nombreux petits segments. Ces antennes sont constamment en mouvement.
- Ses six pattes fines : comme tous les insectes, ils ont six pattes. Ces pattes sont souvent recouvertes de petites épines et leur permettent de courir très vite (jusqu'à 5 km/h pour la blatte américaine).
- Sa couleur variable : leur couleur peut aller du brun clair au brun foncé, parfois avec des nuances roussâtres ou même noires, selon l'espèce. Les jeunes peuvent avoir une couleur différente.
- Sa taille diverse : certains sont petits (1,5 cm pour la blatte germanique), à peine plus grands qu'un ongle, tandis que d'autres peuvent être beaucoup plus imposants (3 à 4 cm pour la blatte américaine).
- La présence d'une oothèque : si vous trouvez une petite capsule de couleur brune, de forme ovale (5 à 9 mm), c'est peut-être une oothèque, la "boîte" contenant les œufs de cafard. Une seule oothèque peut contenir jusqu'à 40 œufs selon l'espèce.
- Une odeur particulière : en cas d'infestation importante, une odeur désagréable, un peu âcre ou musquée, peut se faire sentir.
- Des traces suspectes : de petits points noirs, comme de la poudre de café, peuvent être leurs excréments. On les trouve souvent près de leurs cachettes (derrière les électroménagers, sous les éviers, dans les angles).
2. Pourquoi j'ai des cafards chez moi ?
Il y a plusieurs raisons pour lesquelles vous pourriez avoir des cafards chez vous. Ces nuisibles sont attirés par trois choses essentielles : la nourriture, l'eau et un abri. Même si votre maison est propre, ils peuvent trouver des sources de nourriture et d'eau cachées. Voici quelques causes courantes :
- Nourriture accessible : les miettes, les restes de nourriture non rangés, les poubelles non fermées, les aliments pour animaux laissés à l'air libre et même la graisse accumulée peuvent attirer les cafards. Ils ne sont pas difficiles et peuvent se nourrir de presque tout, y compris de la colle, du papier et des cheveux.
- Sources d'eau : les fuites de robinets ou de canalisations, l'humidité dans les salles de bain et les cuisines, et même l'eau stagnante peuvent fournir aux cafards l'hydratation dont ils ont besoin. Un cafard peut survivre 1 mois sans nourriture mais seulement 1 semaine sans eau.
- Abri et cachettes : les fissures dans les murs, les espaces sous les éviers et derrière les appareils électroménagers, les piles de journaux ou de cartons, et tout encombrement offrent aux cafards des endroits sombres et isolés pour se cacher et se reproduire.
- Points d'entrée : les cafards peuvent entrer dans votre maison par de petites fissures et ouvertures dans les murs, autour des tuyaux, sous les portes, et à travers les fenêtres mal scellées. Ils peuvent également être introduits involontairement via des sacs de courses, des boîtes ou des meubles d'occasion.
- Voisinage : si vos voisins ont une infestation de cafards, ils peuvent se propager à votre domicile, notamment dans les immeubles d'appartements. C'est pourquoi le Règlement Sanitaire Départemental Type (RSDT) impose aux propriétaires bailleurs de lutter contre les nuisibles dans les parties communes et les logements (article 119).
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3. Est-ce que les cafards volent ?
Bien que la plupart des cafards aient des ailes, très peu d'espèces peuvent réellement voler. En France, seules deux espèces ont la capacité de voler : la blatte américaine (Periplaneta americana) et la blatte rayée (Supella longipalpa), et même dans ce cas, ils ne volent pas fréquemment et sont de mauvais pilotes.
La blatte américaine utilise principalement ses ailes pour planer sur de courtes distances, par exemple, pour descendre d'un endroit élevé. Chez la blatte rayée, seuls les mâles peuvent voler, et ils ne le font généralement que lorsqu'ils sont dérangés.
La plupart des cafards préfèrent se déplacer en courant, car ils sont très rapides au sol. La capacité de voler est plus fréquente chez certaines espèces que l'on trouve dans d'autres régions du monde, notamment dans les climats chauds et humides.
4. Est-ce que les cafards piquent ?
Bien que ce soit rare, les cafards peuvent piquer les humains. Ils sont plus susceptibles de le faire dans des situations d'infestation importante lorsque les sources de nourriture sont limitées. Les cafards sont omnivores et ont été connus pour grignoter la peau, les ongles et même les cils des humains, en particulier pendant le sommeil.
Les piqûres de cafards ressemblent souvent à de petites bosses rouges et enflées qui peuvent démanger. Elles surviennent le plus souvent autour de la bouche, des mains et des pieds, où des résidus de nourriture peuvent être présents.
Bien que les piqûres de cafards ne soient généralement pas dangereuses et ne transmettent pas de maladies comme les piqûres de moustiques, elles peuvent provoquer des irritations, des lésions et des infections mineures si elles ne sont pas correctement traitées. Certaines personnes peuvent également développer des réactions allergiques aux piqûres de cafards ou aux allergènes contenus dans leurs excréments et leur exosquelette (Bla g 1, Bla g 2), reconnus comme facteurs de risque d'asthme chez les enfants par l'ANSES.
5. Comment ne pas ramener de cafards chez soi ?
Lors de vos déplacements et achats
- Inspectez soigneusement les sacs et les boîtes : que ce soit après un voyage, en rentrant de courses, ou en recevant un colis, prenez le temps de vérifier l'intérieur et l'extérieur des sacs, cartons et emballages. Les cafards et leurs œufs peuvent se cacher dans les plis, les coins et les fentes.
- Nettoyez les articles d'occasion : si vous achetez des meubles, des appareils électroménagers ou d'autres objets d'occasion, nettoyez-les méticuleusement avant de les introduire chez vous. Utilisez un aspirateur pour les fissures et les recoins, puis essuyez-les avec une solution d'eau savonneuse ou un désinfectant doux.
- Soyez vigilant dans les lieux à risque : les hôtels, les transports en commun, les laveries automatiques et certains magasins peuvent être des lieux où les cafards sont plus présents. Gardez vos affaires fermées et évitez de les poser directement sur le sol.
- Lavez vos vêtements de voyage rapidement : après un séjour dans un endroit potentiellement infesté, lavez vos vêtements dès que possible à une température suffisamment élevée (60°C minimum) pour tuer les éventuels œufs ou jeunes cafards.
À la maison
- Maintenez une propreté rigoureuse : un environnement propre est moins attrayant pour les cafards. Nettoyez régulièrement les sols, les plans de travail, les éviers et les appareils électroménagers. Essuyez immédiatement les déversements de nourriture et de liquides.
- Rangez la nourriture correctement : conservez les aliments dans des contenants hermétiques pour éviter d'attirer les cafards avec des odeurs et des sources de nourriture accessibles. Ne laissez pas de nourriture ou de vaisselle sale traîner pendant la nuit.
- Gérez les déchets : videz régulièrement vos poubelles et assurez-vous qu'elles sont bien fermées. Nettoyez les poubelles de temps en temps pour éliminer les résidus alimentaires.
- Scellez les points d'entrée potentiels : inspectez votre maison à la recherche de fissures et de trous dans les murs, les plinthes, autour des tuyaux et des fenêtres. Bouchez ces ouvertures avec du calfeutrage ou d'autres matériaux appropriés pour empêcher les cafards de rentrer.
- Contrôlez l'humidité : les cafards ont besoin d'eau pour survivre. Réparez les fuites d'eau, assurez une bonne ventilation dans les salles de bain et la cuisine, et évitez l'accumulation d'eau stagnante.
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6. Pourquoi ne pas écraser le cafard ?
C'est vrai que l'instinct peut pousser à écraser un cafard, mais il y a plusieurs raisons pour lesquelles ce n'est pas la meilleure solution :
- Propagation des bactéries et des allergènes : en écrasant un cafard, vous libérez les bactéries et les allergènes qu'il porte dans son corps et sur ses pattes. Cela peut contaminer les surfaces et l'air de votre maison, augmentant les risques d'allergies et de maladies (E. coli, salmonelles, staphylocoques peuvent être transportés par les cafards).
- Odeur désagréable : un cafard écrasé peut dégager une odeur nauséabonde, surtout si c'est une femelle pleine d'œufs.
- Libération des œufs : si le cafard que vous écrasez est une femelle porteuse d'œufs (oothèque), vous risquez de disperser ces œufs, ce qui peut entraîner une infestation encore plus importante. Les œufs sont résistants et peuvent éclore même après la mort de la mère.
- Signal pour les autres cafards : l'odeur d'un cafard écrasé peut en fait attirer d'autres cafards via les phéromones d'agrégation libérées.
- Inefficacité à long terme : écraser un cafard ne résout pas le problème de l'infestation. Il y en a probablement d'autres cachés — un cafard visible en journée signale généralement une colonie de 20 à 50 individus minimum cachés.
7. Les solutions naturelles pour tuer un cafard
- Terre de diatomée : c'est une poudre naturelle composée de fossiles d'algues microscopiques. Elle agit en déshydratant l'exosquelette des insectes. Saupoudrez-en dans les zones où vous voyez des cafards (plinthes, fissures, derrière les appareils électroménagers). Assurez-vous d'utiliser de la terre de diatomée de qualité alimentaire, sans additifs.
- Bicarbonate de soude et sucre : mélangez à parts égales du bicarbonate de soude et du sucre. Le sucre va attirer les cafards, et le bicarbonate de soude va provoquer une réaction interne mortelle. Placez ce mélange dans des petits récipients ou des soucoupes aux endroits stratégiques.
- Acide borique : bien que ce soit un minéral naturel, il faut l'utiliser avec précaution, hors de portée des enfants et des animaux domestiques. L'acide borique est toxique pour les cafards lorsqu'ils l'ingèrent. Saupoudrez-en une fine couche dans les zones infestées.
- Huiles essentielles : certaines huiles essentielles ont des propriétés répulsives ou insecticides pour les cafards. L'huile essentielle de menthe poivrée, de laurier noble, de cyprès ou d'arbre à thé peuvent être utilisées. Diluez quelques gouttes dans de l'eau et vaporisez les zones concernées. Vous pouvez aussi imbiber des boules de coton et les placer dans les cachettes potentielles.
- Pièges naturels : vous pouvez fabriquer des pièges simples avec des bocaux ou des bouteilles. Par exemple, placez un appât sucré (sirop, miel) au fond d'un bocal avec des parois internes lisses que les cafards ne pourront pas escalader. Vous pouvez aussi utiliser du marc de café humide dans un bocal.
- Le froid et la chaleur : les cafards ne supportent pas les températures extrêmes. Si l'infestation est localisée sur un objet, vous pouvez essayer de le placer au congélateur pendant plusieurs jours ou de l'exposer à une forte chaleur (si possible et sans risque pour l'objet).
En complément de ces solutions, il est crucial d'adopter de bonnes pratiques d'hygiène pour prévenir leur retour :
- Nettoyez régulièrement votre cuisine et les autres pièces.
- Ne laissez pas de nourriture ou de vaisselle sale traîner.
- Rangez les aliments dans des contenants hermétiques.
- Réparez les fuites d'eau.
- Bouchez les fissures et les ouvertures par lesquelles ils pourraient passer.
8. Les solutions chimiques pour tuer un cafard
- Aérosols insecticides : ce sont des sprays que l'on vaporise directement sur les cafards ou dans les endroits où ils se cachent (plinthes, fissures, etc.). Ils agissent rapidement par contact.
- Laques insecticides : ces produits laissent un film insecticide sur les surfaces où les cafards passent. Ils meurent après avoir marché dessus. L'avantage est que l'effet dure plus longtemps que les aérosols (jusqu'à plusieurs semaines).
- Poudres insecticides : elles sont généralement composées d'acide borique ou de terre de diatomée. On les saupoudre dans les zones infestées. Les cafards se contaminent en marchant dessus et meurent après avoir ingéré la poudre en se nettoyant.
- Appâts empoisonnés (gels insecticides) : ce sont des petites boîtes ou des gels contenant un insecticide mélangé à un aliment attractif. Les cafards mangent l'appât et rapportent le poison à la colonie, ce qui peut éliminer un grand nombre d'insectes. C'est la méthode privilégiée par les pros car elle vise toute la colonie via l'effet domino (les cafards revenant au nid contaminent les autres par cannibalisme et coprophagie).
- Concentrés à diluer : ces produits puissants doivent être dilués dans de l'eau et appliqués avec un pulvérisateur. Ils sont souvent utilisés pour des infestations importantes en milieu professionnel.
- Lisez attentivement les instructions du fabricant et respectez les précautions d'emploi.
- Ventilez bien la pièce pendant et après l'application.
- Éloignez les enfants et les animaux domestiques pendant le traitement et jusqu'à ce que les surfaces soient sèches.
- Ne pulvérisez pas directement sur les aliments, la vaisselle ou les surfaces de cuisson.
- Lavez-vous soigneusement les mains après avoir manipulé les produits.
- Pour les usages professionnels (restauration, hôtellerie, EHPAD, écoles, industrie agroalimentaire) : la certification Certibiocide est obligatoire depuis le décret n°2019-321 du 12 avril 2019 pour utiliser ces produits classés TP18.
Si l'infestation est importante ou persistante, il peut être judicieux de faire appel à un professionnel de la désinsectisation (société 3D certifiée Certibiocide). Ils pourront identifier l'espèce de cafard et utiliser des méthodes plus spécifiques et efficaces.
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9. Est-ce que la javel attire les cafards ?
Oui, contrairement à ce que l'on pourrait penser, la javel peut attirer les cafards.
- Mimétisme des phéromones : l'odeur de l'eau de javel ressemble à certaines phéromones que les cafards utilisent pour communiquer entre eux, notamment les phéromones d'agrégation qui les incitent à se regrouper. Ils peuvent donc être attirés par cette odeur, pensant qu'elle signale la présence d'autres cafards.
- Confusion olfactive : les cafards sont très sensibles aux odeurs. L'odeur forte de la javel peut masquer d'autres odeurs, y compris celles des produits anti-cafards ou les signaux de danger laissés par d'autres cafards morts. Cela peut perturber leur perception de l'environnement et les attirer dans des zones traitées à la javel.
- Recherche d'humidité : bien que la javel en elle-même ne soit pas une source d'humidité, les zones fraîchement nettoyées avec de l'eau de javel peuvent rester légèrement humides pendant un certain temps. Les cafards sont attirés par l'humidité, qui est essentielle à leur survie.
Il est donc déconseillé d'utiliser de l'eau de javel comme solution pour se débarrasser des cafards. Non seulement elle n'est pas efficace pour les tuer de manière fiable, mais elle peut même aggraver le problème en les attirant. Préférez un détergent désinfectant professionnel certifié EN 14476 pour les surfaces après désinsectisation, qui élimine les bactéries et virus sans cet effet attractif.
10. Cadre réglementaire : Certibiocide, BPR et obligations pros
Cadre réglementaire — lutte contre les cafards en milieu professionnel
Règlement biocides européen : Règlement (UE) n°528/2012, dit BPR (Biocidal Products Regulation) — encadre la mise sur le marché et l'utilisation des produits biocides en Europe. Les insecticides anti-cafards relèvent du type de produit TP18 (insecticides, acaricides et produits utilisés pour lutter contre les autres arthropodes).
Certification professionnelle Certibiocide : Décret n°2019-321 du 12 avril 2019 — obligatoire depuis le 1er juillet 2015, renforcé en 2019, pour tout utilisateur professionnel de produits biocides TP14 (rodenticides), TP18 (insecticides) et TP19 (répulsifs). Délivrée par les organismes agréés ANSES, valable 5 ans. Concerne les agents de sociétés 3D (dératisation, désinsectisation, désinfection), les techniciens d'entretien, et certains professionnels du secteur sanitaire et social.
Règlement Sanitaire Départemental Type (RSDT) : article 119 — impose aux propriétaires et bailleurs de logements de prendre toutes mesures pour lutter contre la prolifération des insectes et autres nuisibles dans les habitations et leurs dépendances. En copropriété, le syndic peut diligenter une intervention 3D à la charge des copropriétaires.
Habitat indigne : article 1719 du Code civil — obligation du bailleur de délivrer un logement décent. Loi n°2018-1021 du 23 novembre 2018 dite ELAN — renforce la lutte contre l'habitat indigne, dont l'infestation par les nuisibles peut être un critère.
Agroalimentaire et restauration : Règlement CE n°852/2004 sur l'hygiène des denrées alimentaires — impose un plan de lutte contre les nuisibles formalisé (PLN) intégré au plan HACCP. Contrôle par la DDPP (Direction Départementale de la Protection des Populations). Traçabilité obligatoire des interventions 3D, conservation 5 ans.
Établissements de santé et médico-social : recommandations SF2H — protocole de lutte intégrée contre les vecteurs et nuisibles dans les hôpitaux, cliniques et EHPAD. Code de la santé publique L.1335-2-1 — obligation de mesures de prévention sanitaire dans les ERP.
Établissements scolaires et crèches : Code de l'éducation L.421-3 — responsabilité du chef d'établissement en matière d'hygiène et de sécurité. Décret n°2010-613 du 7 juin 2010 — règles d'hygiène applicables aux établissements d'accueil collectif des moins de six ans.
Risque biologique en entreprise : Code du travail R.4421 à R.4427 — protection des salariés contre les risques biologiques. Document Unique d'Évaluation des Risques (DUER) doit intégrer le risque nuisibles dans les secteurs concernés.
Étiquetage et FDS : Règlement CE n°1272/2008 dit CLP — pictogrammes de danger obligatoires. Règlement CE n°1907/2006 dit REACH — Fiche de Données de Sécurité (FDS) obligatoire pour tous les produits biocides en milieu pro.
Sources officielles : legifrance.gouv.fr · anses.fr · inrs.fr · economie.gouv.fr/dgccrf · solidarites-sante.gouv.fr
11. Cas pros : restauration, agroalimentaire, EHPAD, immeubles, écoles
En milieu professionnel, la lutte contre les cafards ne se fait pas à l'intuition : elle s'organise autour d'un plan de lutte contre les nuisibles (PLN) formalisé, d'interventions 3D certifiées Certibiocide, d'une traçabilité écrite et d'un bionettoyage post-traitement. Voici notre cartographie sectorielle.
Expertise métier Delcourt — lutte contre les cafards par secteur :
- Restauration et CHR (hôtels, restaurants, bars, cafés) : sujet sensible — un client qui voit un cafard partage immédiatement sur les avis en ligne (TripAdvisor, Google). Plan HACCP obligatoire incluant un PLN, interventions 3D programmées (mensuelles à trimestrielles selon classement et antécédents), gel insecticide Digrain en zones cachées (sous équipements, derrière frigos), traçabilité via registre 3D conservé 5 ans pour la DDPP.
- Industrie agroalimentaire : tolérance zéro — un cafard détecté = lot suspect potentiellement non commercialisable (Pack Hygiène européen). Plan de lutte intégré (IPM — Integrated Pest Management) avec barrières physiques (moustiquaires, joints, sas), monitoring (pièges collants, comptages), traitement curatif uniquement en dernier recours. Audit IFS, BRC, ISO 22000 vérifie systématiquement le dispositif.
- EHPAD et établissements de santé : risque sanitaire majeur (allergènes Bla g 1/Bla g 2 reconnus facteurs asthme, vection mécanique de salmonelles, E. coli, staphylocoques). Recommandations SF2H. Protocole lutte intégrée avec privilège pour gels et appâts (moins exposants pour résidents fragiles et personnel) plutôt que aérosols.
- Immeubles collectifs (bailleurs sociaux, copropriétés) : obligation RSDT article 119 + Code civil 1719. Le bailleur ou syndic doit organiser des campagnes de désinsectisation collectives (immeuble entier) car traiter un seul logement ne suffit jamais — les cafards passent par les gaines, vide-ordures et faux-plafonds. Loi ELAN 2018 et habitat indigne en cas d'inaction.
- Écoles, collèges, lycées, crèches : Code éducation L.421-3 + décret 2010-613. Interventions 3D exclusivement hors présence des enfants (vacances scolaires, mercredi soir), produits TP18 à faible toxicité, privilège pour les appâts gels en armoires fermées plutôt qu'aérosols en zones de passage.
- Bureaux tertiaires : rare mais possible en zones cuisines/salles de pause. Privilégier les approches préventives (gestion des déchets, nettoyage approfondi par société de propreté) et les solutions douces (terre de diatomée, gels appâts en armoires de rangement) sans déranger l'activité.
- Cliniques vétérinaires et chenils : cas particulier où les insecticides classiques peuvent être contre-indiqués près des animaux. Voir notre guide produit nettoyant désinfectant insecticide pour animaux.
Tableau de décision — quelle solution selon le contexte ?
| Contexte d'infestation | Solution conseillée | Cadre légal | À éviter |
|---|---|---|---|
| Particulier — infestation légère | Terre de diatomée + gel appât | Grand public TP18 | Écraser, javel, surdosage |
| Particulier — infestation sévère | Société 3D certifiée Certibiocide | RSDT art. 119 | Auto-traitement intensif |
| Restaurant / hôtel / CHR | Contrat 3D mensuel + PLN HACCP | CE 852/2004 | Aérosols en zone cuisine ouverte |
| Industrie agroalimentaire | Plan IPM intégré + barrières physiques | IFS / BRC / ISO 22000 | Traitement curatif systématique |
| EHPAD / hôpital | Gels appâts en armoires + protocole SF2H | L.1335-2-1 CSP | Aérosols près des résidents |
| Immeuble collectif | Campagne 3D coordonnée tous logements | RSDT 119 + Code civil 1719 | Traitement logement par logement |
| École / crèche | Gels en armoires hors présence enfants | L.421-3 + décret 2010-613 | Aérosols en présence enfants |
| Bureau / locaux tertiaires | Prévention + gels armoires de rangement | Code travail R.4421 | Surdosage produits puissants |
Cas type Delcourt — infestation cafards en restaurant urbain
Cas récurrent terrain : un restaurant en milieu urbain dense observe l'apparition de cafards en cuisine, principalement la nuit, derrière les équipements de cuisson et sous les bacs à graisse. Les premiers signalements sont faits par le personnel de plonge. Le restaurateur essaie d'abord des sprays grand public mais constate une persistance et même une dispersion de l'infestation. Risques identifiés : signalement aux avis en ligne (réputation), contrôle DDPP avec sanction administrative possible, fermeture temporaire en cas d'arrêté préfectoral, non-conformité HACCP, allergènes pour les clients (Bla g 1/Bla g 2).
La solution Delcourt déployée : arrêt immédiat des sprays grand public qui ont pu disperser la colonie, intervention d'une société 3D certifiée Certibiocide mandatée par le restaurateur, traitement par gels appâts insecticides Digrain placés dans les zones cachées (sous équipements, dans les fissures, derrière les sources de chaleur) qui visent toute la colonie via effet domino, installation de pièges collants de monitoring pour suivre la baisse d'activité, bionettoyage approfondi de la cuisine et zones de stockage au détergent désinfectant Actipur Le Vrai ou Bacto-Clean Delcourt (norme EN 14476) après la fin du temps d'action des biocides, formalisation d'un Plan de Lutte contre les Nuisibles (PLN) intégré au plan HACCP avec contrat 3D mensuel, traçabilité écrite conservée 5 ans pour la DDPP, formation du personnel sur les bonnes pratiques préventives (gestion déchets, nettoyage approfondi, signalement immédiat). Résultat : infestation maîtrisée en quelques semaines, conformité HACCP rétablie, contrat 3D pérenne, opérations préventives systématisées, et aucun nouveau signalement client à 6 mois.
12. Que faire après la désinsectisation du cafard ?
Après une désinsectisation contre les cafards, il est crucial de mettre en place des mesures pour éviter une nouvelle infestation. Voici quelques actions importantes à entreprendre :
Immédiatement après le traitement (suivre les instructions du professionnel)
- Aérer : ouvrez les fenêtres pour bien ventiler la pièce et éliminer les résidus de produits. Respectez le délai indiqué par le technicien avant de réintégrer les lieux.
- Ne pas nettoyer immédiatement : évitez de nettoyer les surfaces traitées pendant au moins quelques jours, voire une semaine, sauf indication contraire du professionnel. Les produits insecticides doivent agir.
- Ne pas toucher les appâts ou les pièges : si des appâts ou des pièges ont été placés, ne les déplacez pas et ne les nettoyez pas. Les cafards continuent de les visiter et de contaminer la colonie via cannibalisme et coprophagie.
- Pour les pros : conserver le bon d'intervention 3D et l'inscrire au registre PLN. Document opposable lors d'un contrôle DDPP ou audit qualité (HACCP, IFS, BRC, certif environnementale).
Actions à long terme pour prévenir le retour des cafards
Nettoyage rigoureux et régulier — protocole bionettoyage
- Nettoyez soigneusement les sols, les plans de travail et les placards avec un détergent désinfectant professionnel (norme EN 14476).
- Essuyez immédiatement les éclaboussures et les miettes.
- Passez l'aspirateur fréquemment, en insistant sur les plinthes, les coins et sous les meubles. Jetez immédiatement le sac d'aspirateur à l'extérieur (sinon les cafards aspirés peuvent survivre et ressortir).
- Lavez la vaisselle immédiatement après utilisation (utilisez du liquide vaisselle ou des pastilles lave-vaisselle).
- Pour les pros : suivre la méthode bionettoyage en 3 étapes (nettoyage détergent + rinçage + désinfection EN 14476) selon les recommandations SF2H. Voir notre guide complet sur le bionettoyage.
Gestion des déchets alimentaires
- Conservez les aliments dans des contenants hermétiques.
- Sortez les poubelles régulièrement et assurez-vous qu'elles soient bien fermées.
- Nettoyez régulièrement les poubelles.
Élimination des sources d'eau
- Réparez les fuites d'eau (robinets, tuyaux).
- Essuyez les zones humides (éviers, douches).
- Ne laissez pas d'eau stagnante dans les gamelles d'animaux, les vases, etc.
Colmatage des points d'entrée
- Bouchez les fissures et les trous dans les murs, les plinthes, autour des tuyaux et des câbles. Utilisez du mastic, du silicone ou du ciment.
- Vérifiez l'étanchéité autour des portes et des fenêtres et installez des joints si nécessaire.
- Installez des grilles fines sur les bouches d'aération et les canalisations.
Réduction de l'encombrement
- Évitez d'accumuler des cartons, du papier journal et d'autres objets qui peuvent servir de refuge aux cafards.
Surveillance continue (monitoring)
- Placez des pièges collants (plaques engluées) dans les zones à risque (cuisine, salle de bain) pour détecter rapidement une éventuelle nouvelle infestation.
- En milieu pro : monitoring formalisé avec relevés mensuels documentés dans le registre PLN.
Inspection des objets entrants
- Inspectez soigneusement les sacs de courses, les cartons et les meubles d'occasion avant de les introduire chez vous. Les œufs de cafards peuvent être transportés de cette manière.
Collaboration avec les voisins (en cas d'infestation dans un immeuble)
Si vous vivez dans un immeuble, il est important de signaler l'infestation à la régie ou aux autres occupants. Une action coordonnée est souvent nécessaire pour éradiquer complètement les cafards. Le syndic peut diligenter une campagne 3D collective sur l'immeuble entier — obligation RSDT article 119 et Code civil 1719.
13. FAQ et guides associés
Pour approfondir — nos guides spécialisés
▶ Désinfection et bionettoyage professionnel
- Bionettoyage : guide complet pour milieux sensibles
- Comment établir un plan de nettoyage et de désinfection
- Désinfectant bactéricide ou virucide
▶ Lutte contre les nuisibles en entreprise
- Comment lutter contre les nuisibles en entreprise
- Comment se débarrasser des punaises de lit
- Comment se débarrasser des moucherons
- Éviter les asticots dans les poubelles
▶ Désinfection par secteur
Voir tous nos insecticides professionnels Digrain
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DS
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Guide rédigé par
Delphine Seabra
Référente hygiène et désinfection chez Delcourt · Spécialiste hygiène professionnelle, désinfection, protocoles de bionettoyage et lutte contre les nuisibles. La plus ancienne collaboratrice de la maison, impliquée sur les sujets hygiène depuis l'origine du site
Ce guide complet sur la lutte contre les cafards s'appuie sur le Règlement (UE) 528/2012 BPR (Biocidal Products Regulation, TP18 insecticides), le décret n°2019-321 du 12 avril 2019 sur la certification Certibiocide, l'article 119 du Règlement Sanitaire Départemental Type (RSDT), l'article 1719 du Code civil (obligation bailleur logement décent), la loi n°2018-1021 du 23 novembre 2018 ELAN (habitat indigne), le Règlement CE n°852/2004 sur l'hygiène des denrées alimentaires (HACCP), les articles R.4421 à R.4427 du Code du travail (risque biologique), l'article L.1335-2-1 du Code de la santé publique, l'article L.421-3 du Code de l'éducation, le décret n°2010-613 du 7 juin 2010 (établissements collectifs petite enfance), les recommandations de la SF2H (Société Française d'Hygiène Hospitalière), les expertises de l'ANSES et de l'INRS, ainsi que les normes EN 14476 (virucide) et EN 1276 (bactéricide) pour le bionettoyage post-désinsectisation. Validé par 32 ans d'expertise Delcourt depuis 1994 dans la distribution professionnelle d'insecticides Digrain, de détergents-désinfectants Actipur/Bactopin/BactoClean et l'accompagnement quotidien des restaurants, hôtels, EHPAD, hôpitaux, écoles, crèches, immeubles collectifs et industries agroalimentaires en France et en Belgique.
Article mis à jour le : 13 juin 2026 · Catégorie associée : Produits nettoyants / Anti-nuisibles / Insecticides · Référentiels cités : UE 528/2012 BPR TP18, Décret 2019-321 Certibiocide, RSDT art. 119, Code civil art. 1719, Loi ELAN 2018, CE 852/2004 HACCP, R.4421-R.4427 Code travail, L.1335-2-1 CSP, L.421-3 Code éducation, Décret 2010-613, SF2H, ANSES, INRS, EN 14476, EN 1276
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