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Actualités du nettoyage et de l’hygiène professionnelle

Les protocoles d'hygiène en EHPA et EHPAD

Publié initialement le : 18 juin 2024 · Mis à jour le : 26 juin 2026 · Temps de lecture : 11 min
Réponse rapide : les protocoles d'hygiène en EHPA et EHPAD reposent sur 4 piliers réglementaires :
- L'hygiène des mains par friction hydro-alcoolique (FHA selon NF EN 14476 et SF2H 2017)
- Le bionettoyage des locaux en 3 phases (nettoyage / désinfection / rinçage si surface alimentaire) avec biocides TP-2 du règlement UE 528/2012
- Les équipements de protection individuelle (gants NF EN 455, masque chirurgical IIR NF EN 14683 ou FFP2 NF EN 149, surblouse)
- La gestion des infections respiratoires aiguës (IRA) et gastro-entérites aiguës (GEA) avec signalement obligatoire ARS dès 5 cas groupés.

Ces protocoles s'imposent à tout EHPA/EHPAD au titre du Code de la santé publique (article L.1110-7) et des recommandations Haute Autorité de Santé (HAS) et Société française d'hygiène hospitalière (SF2H).

Comme tout établissement de santé, les Établissements d'Hébergement pour Personnes Âgées (EHPA) ou Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD) doivent prendre en compte le risque infectieux dans leur pratique d'hygiène.

Celles-ci doivent être renforcées au regard de la fragilité des personnes âgées (immunosénescence, polypathologie, dépendance) et de la vie en collectivité.

Cet article professionnel s'intéresse aux précautions et règles garantissant la sécurité sanitaire qui doivent être appliquées systématiquement dans tout EHPA/EHPAD, en France et en Belgique.

Ce guide professionnel est rédigé par Delphine Seabra, spécialiste hygiène et bionettoyage chez Delcourt, et s'appuie sur 32 ans d'expertise Delcourt depuis 1994 dans la distribution professionnelle B2B des produits d'hygiène, biocides, désinfectants et EPI pour les EHPA, EHPAD, cliniques privées, hôpitaux, sociétés de propreté médico-sociale et collectivités en France et en Belgique.

Pour aller plus loin, consultez notre guide du bionettoyage, notre guide complet biocides et normes TP, et notre guide de désinfection en milieu de soins.

Ce qu'il faut retenir :

  • Objectif : les protocoles d'hygiène EHPAD/EHPA visent à protéger des résidents fragiles contre infections, virus et bactéries (résidents souvent polypathologiques avec immunosénescence).
  • Cadre réglementaire : Code de la santé publique, recommandations HAS, SF2H 2017, ARS, règlement biocides UE 528/2012, Code du travail R.4412 (DUER), Convention collective IDCC 3043 Propreté ou IDCC 2941 Hospitalisation privée.
  • Hygiène des mains : 1er vecteur de transmission. Friction hydro-alcoolique (FHA) en situation épidémique (conforme NF EN 14476 virucide).
  • Bionettoyage : méthode rigoureuse en 3 phases (nettoyage détergent, désinfection biocide TP-2 ou TP-4, rinçage si nécessaire) selon planning strict zonage (chambre, sanitaires, parties communes, cuisines).
  • EPI : gants à usage unique (NF EN 455), masques chirurgicaux IIR (NF EN 14683) ou FFP2 (NF EN 149), surblouse polypropylène, charlotte, lunettes (NF EN 166) selon contexte.
  • Signalement obligatoire : dès 5 cas groupés d'IRA (infection respiratoire aiguë) ou GEA (gastro-entérite aiguë) à l'ARS, conformément au décret 2001-671 et à la circulaire DGS/DGCS 2009-264.
  • Formation continue : obligatoire pour tout le personnel (soignants, ASH, agents d'entretien) sur protocoles, EPI, gestes barrières, manipulation produits biocides (R.4412-87 Code travail).
  • Audits et contrôles : relevés microbiologiques, suivi non-conformités, plan d'actions correctives. Évaluation HAS et certification qualité régulières.

Vie en collectivité, diversité des intervenants professionnels et nécessité de soins accroissent le risque infectieux dans les établissements d'hébergement. L'application de bonnes pratiques hygiéniques systématiques en présence des personnes âgées est donc nécessaire pour éviter la survenue ou la propagation des infections.

Elles visent à protéger l'ensemble du personnel qui prend en charge les intervenants, les visiteurs et les résidents eux-mêmes, afin de diminuer le risque de transmission des infections associées aux soins (IAS), des infections respiratoires aiguës (IRA), des gastro-entérites aiguës (GEA), et des bactéries multi-résistantes (BMR comme SARM, ERV, EBLSE) qui circulent en collectivité.

En 2026, les protocoles d'hygiène en EHPAD (Établissements d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes) en France et en Belgique sont particulièrement rigoureux pour assurer la sécurité sanitaire des résidents et du personnel. Voici les principaux aspects de ces protocoles, articulés autour des 6 axes principaux selon les recommandations HAS (Haute Autorité de Santé), SF2H 2017 (Société française d'hygiène hospitalière) et ANSM.

1. Hygiène des mains : les principes de base

L'agent d'entretien (Agent des Services Hospitaliers, ASH) doit se charger de la bonne tenue des lieux à potentiel forte affluence : chambres, salle à manger, salle de bain, WC (cuvette, distributeur de papier toilette).

Il doit également s'assurer de la désinfection des zones où les contacts et les échanges de bactéries peuvent être nombreux, comme les poignées de porte, et ce qui peut aussi se salir très rapidement, comme les surfaces murales ou les sols (notamment le sol des chambres et des couloirs).

Ainsi, bien s'occuper du ménage de l'EHPAD est essentiel pour la sécurité sanitaire des résidents. Mais pour cela, la mise en place préalable d'une étape de préparation est essentielle.

L'hygiène des mains, premier vecteur de transmission des infections (selon les recommandations HAS et SF2H 2017), est une mesure barrière essentielle et ne prend qu'un temps infime à être exécutée. Les mains doivent être lavées :

  • chaque fois que les mains sont souillées (visibility-clean approach OMS);
  • pendant les activités de soins (avant et après contact résident);
  • avant de manipuler des produits alimentaires (norme NF EN 13697);
  • pendant les manipulations de linge sale ou de déchets;
  • entre chaque activité;
  • entre chaque résident (règle des « 5 indications de l'OMS »);
  • en début et en fin de service;
  • après le retrait des gants (le port de gants ne dispense pas de l'hygiène des mains).

3 méthodes de lavage peuvent être utilisées :

  • Le lavage simple à l'eau et au savon (savon doux liquide en distributeur mural) — durée minimum 40 à 60 secondes, technique en 7 étapes.
  • La friction hydro-alcoolique (FHA) — solution ou gel hydro-alcoolique (SHA) conforme à la norme NF EN 14476 virucide (Aniosgel 85 NPC Anios, SHA EN 14476 King, SHA Sanitizer, Tork S1). Cette technique est fortement recommandée en situation d'épidémie (grippe, gastro-entérite à norovirus, COVID-19) car plus rapide (20-30 secondes) et plus efficace sur la flore transitoire.
  • Le lavage hygiénique qui s'effectue avec un savon désinfectant en l'absence de produit hydro-alcoolique (PHA) — durée 60 secondes, savon antiseptique chlorhexidine ou polyvidone iodée.

À lire aussi :
Comment bien se laver les mains · Désinfectant bactéricide ou virucide ?

Hygiène des mains EHPAD — Delcourt
FHA vs lavage simple : quelle technique selon le contexte ?
Recommandations SF2H 2017 et HAS
MÉTHODE 1
FHA
friction hydro-alcoolique
FRICTION HYDRO-ALCOOLIQUE (FHA)
Quand : situation épidémique (grippe, COVID, GEA à norovirus), entre 2 soins, après retrait des gants, mains visiblement propres.
Comment : 3 ml de SHA, friction 20-30 secondes en 7 étapes jusqu'au séchage complet, mains et avant-bras secs et non poudrés.
Conformité : SHA NF EN 14476 virucide obligatoire (Aniosgel 85 NPC, SHA King EN 14476, Tork S1).
Avantage : efficacité 100x supérieure au lavage simple sur flore transitoire (recommandation SF2H 2017).
MÉTHODE 2
LAVAGE
simple à l'eau et au savon
LAVAGE SIMPLE EAU + SAVON
Quand : mains visiblement souillées, après contact avec liquide biologique, avant repas, après passage WC, début et fin de service.
Comment : mouiller les mains, savonner (savon doux liquide en distributeur), frotter 40-60 secondes (7 étapes), rincer, sécher avec essuie-mains à usage unique.
EPI complémentaires : distributeur de savon mural, essuie-mains papier dévidoir.
Cible : mains souillées visibles ou mains contaminées par spores (Clostridium difficile, le SHA est inefficace contre les spores).
MÉTHODE 3
LAVAGE
hygiénique antiseptique
LAVAGE HYGIÉNIQUE ANTISEPTIQUE
Quand : en l'absence de SHA, avant gestes invasifs, sortie d'isolement contact (BMR), gestion BMR.
Comment : savon antiseptique (chlorhexidine ou polyvidone iodée), frottement 60 secondes, rinçage, séchage à usage unique.
Produits : crème lavante désinfectante Delcourt 5 L, savon antiseptique chlorhexidine 4 %.
⚠ Vigilance : risque dermatologique (sécheresse, eczéma) en cas d'usage répété intensif. Privilégier la FHA en routine si possible.
Règle d'or Delcourt : la FHA est la technique de référence en EHPAD pour 90 % des situations courantes (recommandation SF2H 2017). Le lavage simple à l'eau et au savon est réservé aux mains visiblement souillées et aux infections à spores (Clostridium difficile). Doter chaque chambre, chaque sas et chaque poste de soins de SHA murale conforme NF EN 14476.

Notre sélection de produits pour l'hygiène des mains en EHPAD

2. Nettoyage et désinfection des locaux en EHPA et EHPAD

Les protocoles de bionettoyage sont essentiels en EHPAD. Toutes les surfaces doivent être désinfectées régulièrement avec des produits biocides pour éliminer les biofilms et les micro-organismes résiduels. Le nettoyage des chambres, des sanitaires et des parties communes doit suivre un planning strict et être effectué par des équipes formées au sens de l'article R.4412-87 du Code du travail.

La méthode du bionettoyage en 3 phases

Le bionettoyage selon les recommandations SF2H 2017 et HAS combine systématiquement trois opérations consécutives :

  1. Nettoyage détergent : élimine 80 % des micro-organismes en dissolvant la matière organique et les salissures. Utiliser un détergent neutre ou alcalin selon le type de salissure (Solipropre, Anios surfaces).
  2. Désinfection biocide : élimine les 20 % restants par action chimique. Produit conforme aux normes NF EN 1276 (bactéricide), NF EN 14476 (virucide) et NF EN 1650 (fongicide). Pour les chambres, privilégier un détergent-désinfectant tri-fonction (combiné nettoyage + désinfection) ou la séparation des deux phases avec un délai de contact respecté (5 à 15 minutes selon produit).
  3. Rinçage à l'eau potable : obligatoire pour les surfaces alimentaires (cuisines, plans de travail, vaisselle) au sens du règlement biocides UE 528/2012 TP-4. Optionnel mais recommandé pour limiter le résiduel sur surfaces sensibles (poignées de porte, interrupteurs, mains courantes).

Le zonage des EHPAD selon le niveau de risque infectieux

L'EHPAD est zoné selon les recommandations HAS / SF2H en 4 niveaux de risque, conditionnant la fréquence et les produits de bionettoyage :

  • Zone 1 — Faible risque (couloirs, salles d'animation, salons de visite, hall d'entrée) : nettoyage quotidien + désinfection hebdomadaire. Produits TP-2 conformes EN 1276.
  • Zone 2 — Risque moyen (chambres résidents valides autonomes, salles à manger, locaux personnel) : nettoyage quotidien + désinfection quotidienne des points contact (poignées, interrupteurs, rampes). Produits TP-2 + EN 14476.
  • Zone 3 — Risque sévère (chambres résidents dépendants, salles de soins, salles de toilette résidents, sanitaires collectifs, ascenseurs) : bionettoyage quotidien complet (nettoyage + désinfection). Détergent-désinfectant tri-fonction conforme EN 14476.
  • Zone 4 — Très haut risque (chambres en isolement contact ou aérosol, locaux DASRI, infirmerie, salle de prélèvement) : bionettoyage 2 fois par jour, EPI renforcés (FFP2, surblouse jetable, gants, lunettes). Désinfection sporicide (NF EN 14347) à l'eau de Javel diluée selon le contexte BMR / Clostridium difficile.

Le matériel de bionettoyage adapté EHPAD

Le matériel de bionettoyage en EHPAD doit respecter le principe de la méthode pré-imprégnée recommandée par la SF2H 2017 (suppression du seau-presse traditionnel au profit de bandeaux microfibre pré-imprégnés en chariot de ménage hospitalier). Cette méthode évite la re-contamination des surfaces par recyclage de l'eau souillée.

  • Chariot de ménage hospitalier avec 2 seaux (rouge / bleu) pour méthode 2-temps OU chariot avec bandeaux pré-imprégnés (méthode 1-temps recommandée).
  • Bandeaux microfibre couleur-codée (1 couleur par zone : rouge = sanitaires, bleu = couloirs, jaune = chambres, vert = cuisines).
  • Lingettes virucides pré-imprégnées en distributeur (conformes NF EN 14476) pour le nettoyage rapide des points-contact entre 2 résidents.
  • Pulvérisateur de désinfectant pour les points-contact (interrupteurs, télécommandes, sonnettes d'appel, tablettes de lit).
  • Aspirateur classe H ou HEPA H13 pour les locaux à risque (norme EN 60335-2-69 pour les poussières dangereuses, notamment BMR).

À lire aussi :
Tout savoir sur le bionettoyage professionnel · Désinfection des surfaces en milieu de soins

Le bionettoyage de la chambre du résident

La chambre du résident en EHPAD constitue son lieu de vie privé : le bionettoyage doit respecter l'intimité, la dignité et la sécurité du résident. Protocole-type recommandé HAS :

  1. Aération de la chambre pendant 10 minutes minimum avant et après bionettoyage.
  2. Hygiène des mains de l'ASH par FHA puis port des EPI (gants nitrile non poudré NF EN 455, blouse de protection, masque chirurgical IIR si épisode épidémique).
  3. Du plus propre au plus sale : commencer par les surfaces horizontales hautes (étagères, table de nuit, plateau de lit), puis surfaces verticales (interrupteurs, poignées, sonnette), puis sol en dernier.
  4. De l'extérieur vers l'intérieur : commencer par les points-contact à la porte (poignée, plinthe), terminer par les sanitaires (cuvette, lavabo, sol).
  5. Désinfection des points-contact avec lingette pré-imprégnée virucide ou pulvérisation avec un détergent-désinfectant tri-fonction.
  6. Sols : bandeau pré-imprégné de détergent-désinfectant, balayage humide en S (jamais à sec, pour éviter de remettre les poussières en suspension).
  7. Traçabilité : renseignement de la fiche de traçabilité de bionettoyage avec date, heure, agent, produits utilisés, observations.

La fréquence du bionettoyage chambre est quotidienne minimum (parfois biquotidienne pour les résidents alités ou en fin de vie). Le bionettoyage approfondi (bio-nettoyage de fond) est mensuel avec mobilier déplacé.

3. Gestion des infections en EHPA et EHPAD (IRA, GEA, BMR)

Il est vital de mettre en place des plans de gestion des infections bien élaborés, incluant la prévention, l'identification et la gestion des infections. Cela passe par des procédures de nettoyage strictes, l'utilisation de matériel à usage unique, et l'isolement des résidents infectés en cas d'épidémie. La formation continue du personnel sur les meilleures pratiques est également un élément clé du dispositif.

Les 3 grands types d'infections à surveiller en EHPAD

Les EHPAD sont particulièrement exposés à trois grandes familles d'infections, faisant l'objet de surveillance épidémiologique et de signalement obligatoire à l'ARS (Agence Régionale de Santé) :

  • Infections respiratoires aiguës (IRA) : grippe saisonnière, infections à virus respiratoire syncytial (VRS), pneumopathies bactériennes, COVID-19. Signalement obligatoire à l'ARS dès 5 cas groupés en moins de 4 jours selon la circulaire DGS/DGCS 2009-264.
  • Gastro-entérites aiguës (GEA) : norovirus principalement, rotavirus, Clostridium difficile. Signalement obligatoire à l'ARS dès 5 cas groupés en moins de 4 jours. Renforcement obligatoire des mesures de bionettoyage avec eau de Javel sporicide (Clostridium difficile résiste aux SHA).
  • Bactéries multi-résistantes (BMR) : SARM (Staphylocoque doré méti-R), ERV (entérocoque vanco-R), EBLSE (entérobactéries productrices de bêta-lactamases à spectre élargi). Précautions complémentaires de type "contact" avec EPI renforcés (gants + surblouse + masque IIR), bionettoyage spécifique, dépistage à l'admission selon protocole local.

Le protocole de gestion d'une épidémie en EHPAD

En cas d'épidémie d'IRA ou de GEA en EHPAD, la gestion se déroule en 5 étapes clés selon le guide d'aide à la gestion des épisodes épidémiques (Santé publique France, mis à jour 2024) :

  1. Détection précoce : tout cas suspect (fièvre, toux, diarrhée, vomissements) doit être signalé immédiatement à l'infirmier coordonnateur ou à l'IDE référent.
  2. Isolement du résident : chambre seule si possible, restriction des sorties dans les zones communes, port de masque chirurgical IIR par le résident si IRA, signalisation visuelle de la porte avec affiche EPI.
  3. Renforcement des mesures barrières : FHA systématique entre 2 résidents, EPI renforcés (gants + surblouse + masque chirurgical IIR + lunettes selon contexte), bionettoyage biquotidien de la chambre.
  4. Signalement ARS : dès 5 cas groupés en moins de 4 jours, signalement obligatoire à l'ARS via le portail e-SIN ou par téléphone. L'ARS peut diligenter une enquête épidémiologique en lien avec le CPias (Centre d'appui pour la prévention des infections associées aux soins).
  5. Suivi épidémiologique : tableau de bord quotidien des cas, courbe épidémique, fin d'épidémie déclarée 10 jours après le dernier cas pour les IRA et 5 jours pour les GEA. Retour d'expérience (REX) systématique post-épidémie pour améliorer le protocole.

À lire aussi :
Comment lutter contre les virus ? · Eau de Javel : guide complet biocide désinfectant

4. Surveillance et vaccination en EHPA et EHPAD

Une surveillance continue des signes cliniques d'infection chez les résidents est mise en place. La promotion de la vaccination, tant pour les résidents que pour le personnel, est fortement encouragée pour réduire les risques d'infection.

Le dispositif de surveillance épidémiologique

Chaque EHPAD doit disposer d'un EOH (Équipe Opérationnelle d'Hygiène) ou s'adosser au CPias régional via une convention. L'EOH élabore le DARI (Document d'Analyse du Risque Infectieux) annuel, formalise les protocoles, organise les audits, et coordonne la surveillance des IAS. Le DARI est un document opposable lors des contrôles ARS et HAS.

Les indicateurs de surveillance épidémiologique en EHPAD incluent :

  • Le taux d'incidence des IRA et GEA (cas/mois pour 100 résidents).
  • Le taux de couverture vaccinale du personnel (grippe, COVID-19, coqueluche).
  • Le taux de couverture vaccinale des résidents (grippe annuelle, COVID-19, zona, pneumocoque).
  • Le taux d'observance de l'hygiène des mains (audits FHA biannuels).
  • Le suivi des prescriptions d'antibiotiques (bon usage et limitation des résistances bactériennes).

La vaccination en EHPAD : obligations et recommandations

Le calendrier vaccinal HCSP / Santé publique France 2026 recommande pour les résidents EHPAD : grippe saisonnière annuelle, rappel COVID-19 annuel (modulé selon situation épidémique), pneumocoque (Prevenar 13 puis Pneumovax 23), zona (Shingrix), rappel diphtérie-tétanos-poliomyélite tous les 10 ans, rappel coqueluche selon contexte.

Pour le personnel soignant EHPAD, le Code de la santé publique (article L.3111-4) rend obligatoire la vaccination contre l'hépatite B, la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite (DTP) pour les personnels exposés. La vaccination contre la grippe et le COVID-19 est fortement recommandée et fait partie du dispositif de prévention recommandé par la HAS. La couverture vaccinale du personnel est un indicateur suivi par l'ARS.

5. Formation et sensibilisation en EHPA et EHPAD

Le personnel des EHPAD doit recevoir une formation régulière sur les protocoles d'hygiène, les procédures d'urgence et les pratiques de sécurité. Des exercices pratiques et des évaluations régulières permettent de maintenir un haut niveau de compétence et de vigilance.

Les obligations de formation au sens du Code du travail

L'article R.4412-87 du Code du travail impose à l'employeur de former tout salarié exposé à des produits chimiques dangereux (biocides, désinfectants, détergents alcalins) avant la prise de poste, puis périodiquement. La formation porte sur :

  • Les risques pour la santé et la sécurité (mention CLP H314 corrosif, H400 environnement).
  • Les précautions à prendre, y compris le port des EPI (gants NF EN 374 chimique, lunettes NF EN 166, masques NF EN 149 FFP2 selon contexte).
  • Les consignes en cas d'accident (rinçage à l'eau abondante 15 min minimum, déclaration AT, médecin du travail).
  • Les conditions de stockage (article R.4412-149 — local ventilé, séparation Javel / acides obligatoire).
  • La lecture des fiches de données de sécurité (FDS) selon le règlement REACH CE 1907/2006 annexe II.

Le plan de formation continue EHPAD

Le plan de formation continue de l'EHPAD doit prévoir au minimum les modules suivants pour les ASH, AS et IDE :

  • Module 1 — Hygiène des mains : indications, technique FHA en 7 étapes, audit observance (formation initiale + recyclage annuel).
  • Module 2 — Bionettoyage : méthode pré-imprégnée SF2H 2017, zonage, protocoles chambre / sanitaires / parties communes (formation initiale + recyclage tous les 2 ans).
  • Module 3 — Précautions complémentaires : gestion BMR, isolement contact / aérosol, EPI renforcés (formation initiale + recyclage annuel).
  • Module 4 — Gestion d'épidémie : signalement ARS, protocole IRA / GEA, levée d'épidémie (formation initiale + simulation annuelle).
  • Module 5 — Manipulation produits chimiques : CLP, REACH, FDS, EPI, stockage (R.4412-87 obligatoire annuelle).

À lire aussi :
Les obligations de l'employeur en matière d'hygiène · Établir un plan de nettoyage et désinfection

6. Les tenues de protection (EPI) en EHPA et EHPAD

EPI en EHPAD — Delcourt
Quelle tenue selon le contexte de soin ?
Recommandations HAS, SF2H 2017 et Code du travail R.4412
CONTEXTE 1
SOIN
standard
SOIN STANDARD (TOILETTE, REPAS, AIDE AUX ACTES DE LA VIE QUOTIDIENNE)
EPI : tenue de travail propre + FHA avant et après contact résident.
Norme : tenue conforme aux préconisations internes EHPAD (manches courtes, ongles courts, pas de bijoux, cheveux attachés).
Cas particulier : gants à usage unique uniquement si risque de contact avec liquide biologique, plaie ou peau lésée.
Cible : 80 % des soins quotidiens en EHPAD ne nécessitent pas d'EPI supplémentaires (recommandations SF2H 2017).
CONTEXTE 2
SOIN
souillant ou mouillant
SOIN SOUILLANT OU MOUILLANT (CHANGE, PANSEMENT, SOIN DE PLAIE)
EPI : tablier ou surblouse à usage unique polypropylène (NF EN 14126 si contact biologique) + gants nitrile non poudré (NF EN 455) + FHA avant et après.
Critères de choix gants : sans latex (allergies), non poudrés (compatible FHA après retrait), résistance perforation et déchirure.
Cas particulier : ajouter masque chirurgical IIR (NF EN 14683) si toux du résident.
Cible : conformité décret 2001-671 sur la prévention des accidents d'exposition au sang (AES).
CONTEXTE 3
PRÉCAUTION
contact (BMR, GEA)
PRÉCAUTIONS COMPLÉMENTAIRES CONTACT (BMR, GEA À NOROVIRUS, CLOSTRIDIUM DIFFICILE)
EPI : surblouse jetable polypropylène 25-40 g obligatoire + gants nitrile NF EN 455 + masque chirurgical IIR.
Cas particulier Clostridium difficile : lavage simple à l'eau et au savon obligatoire (les SHA sont inefficaces sur les spores), bionettoyage à l'eau de Javel diluée (sporicide NF EN 14347).
Cas particulier BMR : double-paire de gants si soins multi-actes, surblouse changée entre chaque résident, matériel dédié si possible (stéthoscope, thermomètre).
⚠ Vigilance : signalisation visible sur la porte de la chambre (pictogramme contact). Information du résident et de sa famille sur le motif de l'isolement.
CONTEXTE 4
PRÉCAUTION
aérosol (grippe, COVID, tuberculose)
PRÉCAUTIONS COMPLÉMENTAIRES AÉROSOL (TUBERCULOSE, ROUGEOLE) OU GOUTTELETTES (GRIPPE, COVID-19, BRONCHIOLITE)
EPI : masque FFP2 obligatoire (NF EN 149) pour le personnel + masque chirurgical IIR à faire porter par le résident pour ses sorties de chambre.
Compléments : lunettes de protection (NF EN 166) si geste avec aérosolisation (aspiration trachéale, kinésithérapie respiratoire), surblouse jetable, gants nitrile NF EN 455.
Cas particulier : tuberculose pulmonaire active = chambre seule à pression négative idéalement, aération renforcée, restriction des visites.
⚠ Cible : conformité décret 2018-686 sur les obligations vaccinales du personnel exposé.
Règle d'or Delcourt : les EPI doivent être stockés en libre accès devant chaque chambre en précaution complémentaire (caisson mural EPI). Le retrait des EPI suit un protocole précis (gants en premier, puis surblouse, puis masque en dernier) pour éviter l'auto-contamination de l'agent. FHA systématique après retrait des EPI.

Port de gants à usage unique

Les gants à usage unique doivent être portés :

  • S'il y a un risque de contact avec du sang, des liquides biologiques, des muqueuses ou une peau lésée.
  • Si les mains du soignant présentent des lésions cutanées.
  • Lors de la manipulation de linge sale, de matériel souillé, de déchets DASRI.

À lire aussi :
Comment choisir ses gants de protection ?

Ils doivent être retirés et jetés à la fin du soin ou de chaque activité et doivent aussitôt être suivis d'un lavage des mains ou d'une désinfection par friction avant de toucher l'environnement, car le port de gants ne dispense pas de l'hygiène des mains (recommandation SF2H 2017).

Le choix s'orientera vers des gants sans latex pour éviter les risques d'allergie (notamment chez le personnel en exposition répétée). Ils devront aussi être non poudrés pour pouvoir effectuer la FHA aussitôt retirés (les gants poudrés peuvent entraîner une réaction au contact du produit de friction hydro-alcoolique). Les gants en nitrile non poudré sont aujourd'hui le standard recommandé en EHPAD (résistance, hypoallergénique, compatible FHA).

Blouse ou surblouse à usage unique

Surblouse jetable polypropylène bleu 25g manches longues lot de 10 NF EN 14126

  • Tissu imperméable 100 % polypropylène 25 g/m²
  • Longues manches avec poignée élastiquée
  • Biais de serrage à la taille et au col
  • Taille unique
  • Conformité NF EN 14126 si protection contre agents infectieux

Surblouses à usage unique lot de 10

Le port d'une tenue vestimentaire adaptée et propre est requis s'il y a un risque de projection ou de contact avec du sang ou un produit biologique. La tenue de protection jetable doit être composée d'un pantalon, d'une tunique ou d'une blouse à manches courtes pour la tenue de base. Elle doit être changée chaque jour ou si elle est tachée.

Le vêtement de travail sera complété d'une surblouse jetable polypropylène 25 g/m² minimum pour toutes les situations de soins souillants ou mouillants. Quelques préconisations complémentaires :

  • Ongles courts (longueur libre ≤ 2 mm pour limiter portage bactérien sous-unguéal).
  • Pas de vernis, ni faux ongles ni ongles en résine (recommandation SF2H 2017).
  • Cheveux propres et attachés.
  • Pas de bijoux aux mains ni au poignet (bague, alliance, bracelet, montre — réservoirs bactériens documentés).

Port de masque facial à usage unique

Masque chirurgical type IIR à élastiques (NF EN 14683)

Masque chirurgical type IIR 3 plis EN 14683 boîte de 50 EHPAD

Masque chirurgical type IIR x50

Masque FFP2 made in France (NF EN 149)

Masque FFP2 protection respiratoire EN 149 made in France boîte de 10 EHPAD

Masque FFP2 made in France x10

Le port du masque jetable permet de se protéger (toux, crachat, nez qui coule) et de prévenir la contamination de l'autre et de son environnement (éternuement, toux, crachat, nez qui coule). Il doit être porté dès qu'il y a un risque de projection de sang ou de liquide biologique :

  • Par les résidents qui présentent une toux suspecte d'être d'origine infectieuse (sauf s'ils ne le supportent pas).
  • Par les professionnels qui présentent une toux pouvant être d'origine infectieuse.

Il existe principalement 2 types de masques :

  • Le masque chirurgical ou masque de soins répondant à la norme NF EN 14683 (types I, IR, II, IIR — le type IIR offre la meilleure résistance aux projections). Ce masque permet au porteur de filtrer l'air expulsé par le nez et la bouche. Indications : professionnels soignants enrhumés, soins avec risque de projection (aspirations buccales ou trachéales, prélèvement de crachats, kinésithérapie respiratoire), résidents suspectés ou atteints de pathologie à transmission respiratoire (gouttelettes) lors de leurs sorties de chambre.
  • L'Appareil de Protection Respiratoire (APR) de type FFP2 répondant à la norme NF EN 149 (efficacité de filtration ≥ 94 %). Ce masque de protection respiratoire protège le porteur de l'inhalation d'aérosols infectieux. Indications : précautions complémentaires aérosol (tuberculose active, rougeole, COVID-19 actif), gestes médicaux générant des aérosols.

À lire aussi :
Comment bien porter son masque de protection ?

On retiendra :

L'application de ces précautions standards doit être complétée par un ensemble de mesures qui porteront sur plusieurs axes :

  • Procédures de désinfection des dispositifs médicaux (thermomètres, tensiomètres, dispositifs d'aspiration) — désinfection de niveau intermédiaire avec produit DM conforme.
  • Procédures d'entretien et de nettoyage des locaux, incluant le bionettoyage si la zone est à risque (méthode pré-imprégnée SF2H 2017).
  • Prévention des Accidents d'Exposition au Sang (AES) — décret 2001-671, conduite à tenir immédiate (rinçage, antiseptique, déclaration AT, sérologie médecin du travail).
  • Gestion du linge (circuit propre / sale séparé) et des déchets (DASRI emballages homologués, traçabilité élimination).

7. Cadre réglementaire et normatif des protocoles d'hygiène EHPAD

Cadre réglementaire et normatif applicable aux EHPA / EHPAD

Cadre réglementaire général :

  • Code de la santé publique articles L.1110-7 (droits du résident à recevoir des soins sécurisés), L.6111-2 (lutte contre les infections associées aux soins), L.3111-4 (vaccinations obligatoires personnels).
  • Code de l'action sociale et des familles (loi 2002-2 sur les droits des résidents, loi ASV 2015-1776 sur l'adaptation de la société au vieillissement).
  • Décret 2001-671 du 26 juillet 2001 sur la lutte contre les infections nosocomiales (élargi aux EHPAD).
  • Décret 2018-686 du 4 août 2018 sur les obligations vaccinales (hépatite B, DTP) du personnel exposé.
  • Circulaire DGS/DGCS 2009-264 et instruction DGS/RI3/DGCS 2012-433 sur la prévention et le signalement des IRA et GEA en EHPAD.

Référentiels professionnels :

  • HAS (Haute Autorité de Santé) — référentiel HAS 2020 d'évaluation des EHPAD (critère 1.5 maîtrise du risque infectieux), certification qualité.
  • SF2H 2017 (Société française d'hygiène hospitalière) — recommandations "Hygiène des mains et soins : du choix du produit à son utilisation et à sa promotion", recommandations "Précautions standard et complémentaires".
  • ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament) — avis sur l'eau de Javel, les SHA, les détergents-désinfectants en milieu de soins.
  • HCSP (Haut Conseil de la Santé Publique) — calendrier vaccinal annuel, avis épidémies grippales.
  • Santé publique France — guide d'aide à la gestion des épisodes épidémiques en collectivités de personnes âgées (mis à jour 2024).
  • CPias (Centre d'appui pour la prévention des infections associées aux soins) — accompagnement local, formation, audits, retours d'expérience.

Cadre réglementaire des produits biocides et désinfectants :

  • Règlement européen UE 528/2012 sur les produits biocides : TP-1 (hygiène humaine), TP-2 (désinfectants surfaces), TP-4 (contact alimentaire).
  • NF EN 1276 bactéricide en conditions de propreté.
  • NF EN 13727 bactéricide en milieu médical.
  • NF EN 14476 virucide en milieu médical.
  • NF EN 1650 fongicide en conditions de propreté.
  • NF EN 13697 bactéricide et fongicide surfaces alimentaires.
  • NF EN 14347 sporicide.
  • Règlement CLP CE 1272/2008 classification, étiquetage et emballage des produits chimiques.
  • Règlement REACH CE 1907/2006 obligation de fournir une fiche de données de sécurité (FDS) annexe II.

Cadre réglementaire EPI et sécurité personnel :

  • NF EN 455 gants médicaux à usage unique (parties 1 à 4 : étanchéité, propriétés physiques, biologiques, déterioration).
  • NF EN 14683 masques chirurgicaux (types I, IR, II, IIR).
  • NF EN 149 appareils de protection respiratoire filtrants FFP1, FFP2, FFP3.
  • NF EN 166 protection individuelle des yeux (lunettes de protection).
  • NF EN 14126 vêtements de protection contre les agents biologiques infectieux.
  • Code du travail articles L.4121-1 (obligation de sécurité de l'employeur), R.4412-1 à R.4412-160 (DUER, EPI, formation, stockage produits chimiques dangereux), R.4424-1 et suivants (vêtements de travail).

Conventions collectives applicables au personnel :

  • IDCC 2941 Convention collective FEHAP (établissements privés à but non lucratif sanitaires, sociaux et médico-sociaux).
  • IDCC 2264 Convention collective FHP (établissements d'hospitalisation privée).
  • IDCC 3043 Convention collective Propreté (pour les prestataires externes de bionettoyage).

8. Cas type Delcourt — groupe EHPAD multi-sites

Cas pratique — Refonte du dispositif d'hygiène d'un groupe EHPAD privé multi-sites

Contexte initial : groupe EHPAD privé à but lucratif gérant 12 résidences en France et Belgique (4 unités Alzheimer, 2 unités de soins palliatifs, 6 EHPAD traditionnels). Effectif total 850 salariés (ASH, AS, IDE, médecins coordonnateurs). Audit Delcourt à la demande de la direction qualité du groupe révèle plusieurs dysfonctionnements : protocoles d'hygiène hétérogènes entre les sites (DARI ancien dans 8 résidences sur 12), SHA non systématiquement conforme NF EN 14476 (3 sites utilisent un SHA bactéricide simple sans claim virucide), bionettoyage avec méthode seau-presse traditionnelle (au lieu de la méthode pré-imprégnée SF2H 2017) dans 7 résidences, EPI sous-dimensionnés (gants nitrile poudrés encore en stock incompatibles avec FHA après retrait), formation R.4412-87 partielle (40 % du personnel à jour seulement), 2 épidémies de GEA à norovirus signalées en 18 mois avec gestion retardée et signalement ARS tardif.

Problématiques identifiées :

  • Non-conformité partielle au référentiel HAS 2020 critère 1.5 maîtrise du risque infectieux.
  • Non-conformité Code du travail R.4412-87 sur la formation des salariés exposés aux produits chimiques.
  • Coût des épidémies estimé sur les 18 derniers mois (arrêts maladie personnel, surconsommation EPI, prestations CPias) significatif sur la masse salariale.
  • Risque réputationnel auprès des familles et inspections ARS programmées sur 2026.
  • Disparités d'usage des SHA et des biocides entre les 12 sites (manque de référentiel produits unique).

Plan de standardisation déployé par Delcourt en 6 chantiers :

  • Chantier 1 — Référentiel produits unique : dotation harmonisée 12 sites en SHA Aniosgel 85 NPC Anios (300 ml / 500 ml / 1 L conforme NF EN 14476), distributeurs muraux SHA King 1 L commande au coude, recharges SHA Tork S1 1 L x6 sur les sites équipés Tork.
  • Chantier 2 — Bionettoyage méthode pré-imprégnée SF2H 2017 : abandon des seaux-presses traditionnels, déploiement chariots de bionettoyage avec bandeaux microfibre pré-imprégnés couleur-codés (4 couleurs : rouge sanitaires, bleu couloirs, jaune chambres, vert cuisines).
  • Chantier 3 — EPI standardisés : gants nitrile blanc non poudré LCH (3 tailles : S, M, L), surblouses polypropylène 25 g lot de 10, masques chirurgicaux IIR x50, masques FFP2 made in France x10 en réserve stratégique sur chaque site.
  • Chantier 4 — Formation R.4412-87 : session de formation initiale 2 jours pour les nouveaux arrivants + module de recyclage annuel 1 jour pour tout le personnel ASH/AS/IDE. Modules adaptés aux 5 thématiques (FHA, bionettoyage, précautions complémentaires, gestion d'épidémie, manipulation produits chimiques).
  • Chantier 5 — Refonte du DARI : Document d'Analyse du Risque Infectieux harmonisé sur les 12 sites, mis à jour annuellement avec l'EOH ou le CPias référent. Indicateurs trimestriels suivis par la direction qualité (taux observance FHA, couverture vaccinale, incidence IRA/GEA, dépistage BMR admission).
  • Chantier 6 — Protocole gestion d'épidémie : procédure unifiée 12 sites avec arbre décisionnel détection précoce / isolement / signalement ARS, kits d'intervention rapide (KIR épidémie) avec EPI + biocides + signalétique pré-positionnés dans chaque résidence.

Indicateurs constatés à 12 mois :

  • Taux d'observance FHA passé d'un niveau bas à un niveau élevé (audits trimestriels par échantillonnage caché).
  • Couverture vaccinale grippe du personnel en hausse significative (campagne incitative + accessibilité sur site).
  • Aucune nouvelle épidémie signalée à l'ARS sur les 12 mois post-déploiement (vs 2 épisodes les 18 mois précédents).
  • Évaluation HAS critère 1.5 maîtrise du risque infectieux passée de partielle à totalement conforme sur les 12 sites.
  • Économies sur la consommation EPI grâce à la standardisation des références et la massification des achats centralisés (groupage commandes mensuelles).
  • Documents DARI 2026 validés en amont des contrôles ARS de printemps.

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DS
Guide rédigé par
Delphine Seabra
Spécialiste hygiène et bionettoyage chez Delcourt · Référente produits biocides, protocoles d'hygiène en milieu de soins, EHPAD, cliniques, hôpitaux, blanchisseries professionnelles et collectivités médico-sociales
Ce guide professionnel s'appuie sur le Code de la santé publique articles L.1110-7, L.6111-2 et L.3111-4, le Code de l'action sociale et des familles (loi 2002-2, loi ASV 2015-1776), le décret 2001-671 sur la lutte contre les infections nosocomiales, le décret 2018-686 sur les obligations vaccinales, la circulaire DGS/DGCS 2009-264 et l'instruction DGS/RI3/DGCS 2012-433 sur le signalement des IRA et GEA, les recommandations HAS 2020 évaluation EHPAD, les recommandations SF2H 2017 "Hygiène des mains et soins" et "Précautions standard et complémentaires", les avis ANSM et HCSP, le guide Santé publique France de gestion des épisodes épidémiques (mis à jour 2024), l'accompagnement CPias régional, le règlement biocides UE 528/2012 (TP-1 hygiène humaine, TP-2 surfaces, TP-4 alimentaire), les normes européennes d'efficacité NF EN 1276 / 13727 / 14476 / 1650 / 13697 / 14347, le règlement CLP CE 1272/2008, le règlement REACH CE 1907/2006, les normes EPI NF EN 455 / 14683 / 149 / 166 / 14126, le Code du travail L.4121-1 et R.4412 (DUER, EPI, formation, stockage), et les conventions collectives IDCC 2941 FEHAP, IDCC 2264 FHP, IDCC 3043 Propreté. Validé par 32 ans d'expertise Delcourt depuis 1994 dans la distribution professionnelle B2B des produits d'hygiène, biocides, désinfectants et EPI pour les EHPAD, cliniques privées, hôpitaux, sociétés de propreté médico-sociale et collectivités en France et en Belgique.
Article publié initialement le : 18 juin 2024 · Mis à jour le : 26 juin 2026 · Catégorie associée : Protection et sécurité + Hygiène de la personne · Référentiels cités : Code santé publique L.1110-7 + L.6111-2 + L.3111-4, Code action sociale, décrets 2001-671 + 2018-686, circulaire DGS 2009-264, HAS 2020, SF2H 2017, ANSM, HCSP, Santé publique France 2024, CPias, UE 528/2012 biocides, CLP CE 1272, REACH CE 1907, NF EN 1276/13727/14476/1650/13697/14347, NF EN 455/14683/149/166/14126, Code travail L.4121 + R.4412, IDCC 2941 + 2264 + 3043

9. FAQ — vos questions sur les protocoles d'hygiène EHPAD

Quelle est la fréquence de bionettoyage des chambres en EHPAD ?
Quand utiliser le masque FFP2 plutôt que le masque chirurgical IIR en EHPAD ?
À partir de combien de cas faut-il signaler une épidémie à l'ARS ?
Pourquoi le SHA ne fonctionne pas contre Clostridium difficile ?
Quelles formations obligatoires pour le personnel EHPAD sur l'hygiène ?